7.14.2008

une question

Rien ne m'embête plus que de lire, de me mettre à fixer une poignée de porte ronde (en érable) qui se détache d'un fond bleu, de relire, de recommencer à fixer, recommencer à lire, tomber dans la lune... Anyways.

Permettez-moi, chers lurkers, de partager avec vous cette angoisse interrogative - question de continuer à lire en toute tranquillité. Alors voilà: Quelle nuance y a-t-il entre la fatigue et l'ennui? (En sourdine: Pourquoi, maintenant, ça me semble si important?)

(Pour une raison obscure, il me vient des échos de The Price is Right.)

2 commentaires:

khâryatide a dit…

A l'instant où l'on se pose cette question, c'est que l'on s'ennuie. Après, un peu de fatigue par-dessus permet en plus de se triturer les méninges pour se demander quel est le responsable.
[La fatigue, c'est de l'ennui physique. Ça passe. L'ennui, c'est de la fatigue intellectuelle. C'est plus long.]

Bb a dit…

Et si nous posions la question autrement, non pas en se demandant ce que la fatigue et l'ennui sont, mais bien ce qu'elles font et ce qu'elles permettent d'ouvrir?

Cette fatigue à laquelle je fais référence me semble venir de l'extérieur: elle apprête le paysage en lui donnant le ton de la confidence, l'enrobe de la clarté tombante du jour et confère une lourdeur (en ce sens que les choses, du simple fait de regarder, affirment leur plénitude en tant que Chose). Peut-être s'agirait-il d'un état qui pèse sur les choses, qui les rendent «disponibles».

Et l'ennui dans tout ça? Je doute qu'il s'agisse de fatigue intellectuelle: l'ennui n'est-il pas un manque et tout manque ne veut-il pas être comblé? Si tel est le cas, l'ennui devrait être moteur d'une tension de soi vers les Choses, la possibilité de les saisir, de faire participer l'hors-soi à l'en-soi.